L'affinité des chairs (Guy de Maupassant, 1887)

Publié le par Movaniel

L'affinité des chairs



Je ne l'entendais pas, tant je la regardais
Par sa robe entr'ouverte, au loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles :
Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
Haletait fortement avec de longs sanglots.
Sa joie était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent
Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.


 

Publié dans Textes d'auteurs

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brigitte 07/04/2009 13:40

P.......que c'est fort ! J'en suis restée "baba" derrière l'écran, on dirait Albine et le curé Mouret dans "la faute de l'abbé Mouret" de ZOLA......Livre à lire absolument vu ton état d'esprit du moment.